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Près de Scherwiller (Bas-Rhin), 80 % des pins sylvestres morts après l’été 2026

Élodie de Kervenoaël 2 min de lecture
Près de Scherwiller (Bas-Rhin), 80 % des pins sylvestres morts après l’été 2026

Dans la forêt près de Scherwiller, dans le Bas-Rhin, 80 % des pins sylvestres sont morts après la sécheresse et les canicules de l’été 2026. L’Office national des forêts (ONF) doit abattre ces arbres, qui représentent une perte financière et un risque potentiel de départ d’incendie.

« Si on les coupe maintenant, on arrivera à en tirer quelques recettes », explique Corentin Lejay, technicien forestier. Cet argent pourrait ensuite être réinvesti dans la forêt.

En moins de trois mois, trois épisodes de canicule ont frappé la forêt. Les premiers signes de dépérissement sont apparus dès la mi-août, surtout en centre Alsace. Les feuillus semblent avoir mieux résisté que les résineux. Sur un résineux, quand plus de 50 % des aiguilles rougissent, c’est le signe de la mort de l’arbre, précise le technicien.

Sur le piémont alsacien, l’effet de foehn rend l’air plus chaud et plus sec après son passage au-dessus du massif. Selon Rodolphe Pierrat, directeur adjoint de l’ONF Grand-Est, cet effet s’est accentué cette année, expliquant la mortalité des pins sylvestres : si cette essence résiste au manque d’eau dans le sol, elle a mal supporté l’air sec.

En 2022, des mortalités d’arbres avaient déjà été observées. La professeure Marie-Claire Pierret, responsable de l’Observatoire hydrogéochimique de l’environnement, qui étudie les forêts d’altitude depuis 40 ans, indique que des travaux de thèse ont par la suite constaté que le milieu s’était acidifié et que ses nutriments avaient été lessivés après la sécheresse.

À Mulbach-sur-Bruche (Bas-Rhin), un peu plus de 5 hectares servent de laboratoire. Des cèdres de l’Atlas, originaires du Maroc, y ont été plantés il y a quelques années. Le mélange d’essences est une autre piste défendue par Vincent Ott, président du Centre national de la propriété forestière du Grand Est. Il faudra toutefois des décennies pour vérifier l’intérêt des nouvelles plantations. La reprise de la végétation au printemps 2027 permettra de mieux mesurer les dégâts.

Élodie de Kervenoaël

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